Microgramas

Suite pour ensemble vocal féminin à capella

 

Suite de dix pièces relativement courtes construites sur les rythmes traditionnels andins de l’Équateur ( yumbo, danzante, sanjuan, albazo, etc.) et les schémas mélodico-harmoniques caractéristiques de la MPE (musique populaire équatorienne).

 

Les textes, 10 microgramas, sont au centre de la composition. Un juste hommage au grand poète équatorien Jorge Carrera Andrade qui écrit entre 1926 et 1936 un petit recueil d'une cinquantaine de poèmes inspirés du Haïku japonais.

Microgramas est publié à Tokyo en 1940.

Leur forme bien que contraignante, ouvre la porte des jeux vocaux, des percussions vocales, et plus largement des procédés d'écriture originaux.

 

Chaque pièce est construite autour d'une mélodie autonome, reprise parfois à l'unisson, à laquelle viennent se greffer des lignes harmoniques et rythmiques complémentaires entre elles, formant à la fois un tout cohérent et une accumulation d’éléments musicaux autonomes.

La complexité rythmique et harmonique se résout dans la simplicité mélodique permettant un accès « tout public » ; du néophyte à l'oreille exigeante des mélomanes.

 


L'auteur
Jorge CARRERA ANDRADE

Quito (1903-1978)


En tant que diplomate, il a été ambassadeur de son pays au
Venezuela, au Royaume-Uni, au Nicaragua, en France, en Belgique et
aux Pays-Bas. Il a écrit des essais et des livres d'histoire mais est
surtout connu pour son oeuvre poétique, influencée par celle de
Paul Valéry et reconnue, aux côtés de celles de Jorge Luis Borges,
Pablo Neruda, Octavio Paz et César Vallejo, comme l'une des plus
importantes de la littérature sud-américaine du XXe siècle.


 

 

 

 

L’oeuvre littéraire
Microgramas, 1940


Séries de poèmes mettant le lecteur en contact avec le monde des petits êtres, des petites choses humbles, traditionnellement considérés comme grossiers, laids, et indignes d'être les protagonistes d'un poème.
L'escargot, la grenouille, l'araignée, pour le monde animal ; la table, le grain de maïs, le chou, la noix etc. deviennent ainsi les personnages principaux de microgrammes, illustration de l'attachement de l'auteur à son pays d'origine, l’Équateur, qu'il n'a eu de cesse de raconter, de valoriser dans son oeuvre littéraire bien qu'en étant éloigné physiquement durant toute sa vie professionnelle .

Il est, à ce titre, un des rares auteurs équatoriens ayant réussi à transcender la distance et les frontières et, par le biais de son art, à défendre et promouvoir le nom et la culture de ce pays de l'Amérique latine dont on parle finalement si peu.
L'intention de Carrera Andrade est essentiellement lyrique dans l'invention de ses « microgrammes » bien qu'il reconnaisse qu'il s'agit d'un processus logique :
« je dois confesser n'avoir jamais goûté meilleure ivresse que celle procurée par ce travail de réduction en de petites formules poétiques, exactes, au moyen d'une concentration d'éléments caractéristiques de l'objet entrevu, illuminé subitement par le projecteur
de la conscience »

 

COLIBRÍ
El colibrí
aguja tornasol, (aiguille reflet-chatoiement)
pespuntes de luz rosa (piqûre de lumière rose)
da en el tallo temblón (donne sur la tige tremblante)
con la hebra de azúcar (avec le fil de sucre)
que saca de la flor. (qu'extrait de la fleur)


GRANO DE MAÍZ
Todas las madrugadas (tous les jours de bon matin)
en el buche del gallo (dans le jabot du coq)
se vuelve cada grano de maíz (chaque graine de maïs
devient)
una mazorca de cantos (un épi de chants)


L'oeuvre musicale


Suite de dix pièces relativement courtes construites sur les rythmes traditionnels andins de l’Équateur ( yumbo,
danzante, sanjuan, albazo, etc.) et les schémas mélodico-harmoniques caractéristiques de la MPE (Musique Populaire
Équatorienne).
Les textes (10 microgramas) sont au centre de la composition, et leur forme bien que contraignante, ouvre la porte des
jeux vocaux, des percussions vocales, et plus largement de procédés d'écriture originaux.
Chaque pièce est construite autour d'une mélodie autonome, reprise parfois à l'unisson, à laquelle viennent se greffer
des lignes harmoniques et rythmiques complémentaires entre elles, formant à la fois un tout cohérent et une
accumulation d’éléments musicaux autonomes.
La complexité rythmique et harmonique se résout dans la simplicité mélodique permettant un accès « tout public » ;
du néophyte à l'oreille exigeante des mélomanes.